MANUEL MÜLLER

Il y a une convention bien classique que le sculpteur aime à faire sienne – à sa toute personnelle manière – c’est la règle des trois unités de la grande tradition théâtrale: unité de temps, unité de lieu, unité d’action. Recréer une unité avec les éléments composites et sans rapport qu’il grappille dans le grand magasin aux images, aux archétypes et aux allégories de l’histoire du monde: telle est l’ambition obsessionnelle et magnifique de son travail qui cherche éperdument à tout embrasser ce qu’il aime et qui le nourrit.
La couleur? Rien à voir avec des velléités picturales pour elles-mêmes. La couleur ne vient pas en plus, comme un ajout, elle fait organiquement partie de l’oeuvre. Parce que « tant qu’une sculpture n’est pas peinte, il lui manque la vie ». Les figures sont le plus souvent frontales et hiératiques. Comme dans l’art égyptien. Puis, comme dans l’art médiéval, c’est par la couleur que leur vient l’incarnation, la narration et une pulsion vitale tantôt débridée et très sexuée, et tantôt plus énigmatique et secrète.
Françoise Jaunin, extrait tiré de la monographie « Manuel Muller Sculpture » aux éditions Notari, Genève.

Manuel Müller, "Nageuse", 2016. Sculpture, bronze 2/8
Manuel Müller, « Nageuse », 2016. Sculpture, bronze 2/8

Exposition à la Galerie Unviers: 7 décembre 2012 au 5 janvier 2013

Né à Paris, Manuel Müller est le fils du sculpteur Robert Müller, et demi-frère du peintre Grégoire Müller. Il se forme à la sculpture à Carrare (1972-1976). Il retourne ensuite en France jusqu’en 1982, puis s’installe à Lausanne. Les sculptures de Manuel Müller sont taillées dans le bois et en général peintes; elles sont souvent augmentées d’éléments mobiles, de matériaux ajoutés (verre, métal), de papiers imprimés ou peints. Parallèlement à la sculpture, Müller pratique la gravure sur bois.