LOUIS SOUTTER (1871-1942)
De minuit au jour / Discours sur la vedette nue

Soutter, De minuit au jour, recto, vers 1930-1937, encre de chine, recto-verso, 32 x 50 cm, avec cadre

« De minuit au jour / Discours sur la vedette nue », vers 1930-1937 (période maniériste), dessin recto-verso, encre de chine sur papier.
Au recto : « De minuit au jour », 32.4 x 50 cm
Inscrit en haut : « De minuit / au Jour / TROpeau / de SD »
Au verso : « Le discours sur la vedette nue », 50 x 32.4 cm
Inscrit au milieu à gauche : « Le / discours / sur / la vedette / nue »

Cette œuvre fait partie de la période dite « maniériste » (1930-1937), qu’on après la période des « cahiers » (1923-1930), et avant celle dite « aux doigts » (1937-1942).
Durant cette période, Soutter s’inspire de la Renaissance. Il fait des références évidentes aux maîtres du passé, mais c’est surtout  les contorsions des formes et l’exagération des expressions qui font échos au Maniérisme du XVIe siècle.
Ces années sont marquées par des compositions en lien avec la sexualité, avec le désir des femmes. Il ne crée presque plus de que des figures féminines, en gros plans. Le style de Soutter change également dans la facture. Il dessin désormais à la plume et à l’encre noire, sauf de rares exception.
Moins seul qu’au début de son internement, il est à l’Asile de vieillards du Jura à Ballaigne depuis 1923, Soutter est aidé et encouragé par des figures célèbres de la scène artistique suisse. Le Corbusier, son cousin, mais aussi Giono, Auberjonois, Poncet, Ramuz feront en sorte que son travail soit découvert, exposé et publié.

Présentée aux expositions :
Dessins suisses au XXe siècle, 1971-1972. Exposition itinérante. Munich, Staatliche Graphische Sammlung ; Winterthur, Kunstmuseum ; Genève, Musée d’art et d’histoire (Musée Rath)
Louis Soutter et les modernes, Bâle, Kunstmueum, 2002-2003
Louis Soutter et les modernes, Lausanne, Musée cantonal des Beaux-Arts, 2003
Louis Soutter et la musique, Lausanne, Coll. de l’Art Brut, 2003
Louis Soutter, le tremblement de la modernité, Paris, La maison rouge / Fondation antoine de Galbert, 2012

Provenance :
Coll. A. Pache, Prilly / Lausanne
[puis] Coll. Jacqueline et François Meyer

Références :
– Dessins suisses du XXe siècle, Zurich, Institut suisse pour l’étude de l’art, 1971, no. 43.
– Michel Thévoz, Louis Soutter : Catalogue de l’œuvre, Lausanne, l’âge d’homme, Zurich, Institut suisse pour l’étude de l’art, 1976, pp. 273-274, no. 2255r & no. 2255v
– Hartwig Fischer (éd.), Louis Soutter, 1871-1942, Ostfildern-Ruit, Hatje Cantz, 2002, no. 101
– Julie Borgeaud, Louis Soutter, le tremblement de la modernité, Lyon, Louis Fage, 2012

Prix et informations complémentaires sur demande

Repères biographiques :
4 juin 1871 : Naissance à Morges dans une famille protestante aisée. Père pharmacien. Un frère, Albert, et une sœur, Jeanne
1892-1895 : Après des études scientifiques et des études d’architecture, il étudie le violon avec Ysaye. Se met finalement à la peinture.
1894 : Rencontre à Bruxelles, l’américaine Madge Fursman, jeune élève d’Ysaye
1895-1897 : Retour à Lausanne. Apprend la peinture académique.
1897 : S’établit à Colorado Springs (USA), auprès des parents de Madge. Marriage le 24 juillet.
1898 : Devient directeur du département des beaux-arts du Colorado College.
1903 : Après des problèmes de santé et un divorce, – sa femme demande le divorce pour des raisons « d’extrême cruauté physique et mentale » – , il revient en Europe, à Paris, puis à Morges.
1904 : Mort de son père et de sa sœur.
1907 : premier violon à l’Orchestre du Théâtre de Genève, à l’Orchestre symphonique de Lausanne, puis à l’Orchestre de Genève.
1915 : Sa famille le met sous tutelle
1915 – 1922 : musicien ambulant dans les petites villes, kiosques, salles de cinéma
1923 : Sa famille l’interne l’Asile de vieillard du Jura à Ballaigues (Vaud). Il y restera jusqu’à sa mort.
1930 : Tournant graphique dans ses créations : période « maniériste ».
1936 : Grâce à Le Corbusier et à Giono, des articles de presses paraissent et une exposition est effectuée.
1937 : Sa vue baisse. Commence la période de « la peinture au doigt ».
20 février 1942 : Meurt dans son lit à l’Asile de Ballaigues.